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Sauvegardes : NAS local, nuage, stockage immuable ou hybride ?

NAS sur place, sauvegarde infonuagique, stockage immuable ou approche hybride 3-2-1-1-0 : résistance au rançongiciel, restauration, coûts et données au Canada.

Faits vérifiés : octobre 2026Ce comparatif n’est pas commandité.

Notre recommandation selon votre situation

Bureau de 8 personnes à Sherbrooke, tout dans Microsoft 365, sans serveur

Sauvegarde infonuagique

Sans serveur local, un NAS apporte peu. Une sauvegarde infonuagique distincte de Microsoft 365, avec protection contre la suppression et MFA sur son compte d'administration, couvre l'essentiel.

Cabinet comptable de 40 employés à Laval, avec un serveur de fichiers

Hybride 3-2-1-1-0

Le NAS restaure vite un dossier effacé ; la copie infonuagique immuable survit au rançongiciel et au sinistre. Testez les restaurations régulièrement : le Centre canadien donne l'exemple d'un test mensuel.

Entreprise qui a déjà un NAS et une copie infonuagique, administrés avec les mêmes identifiants

Stockage immuable

Le plus gros risque est qu'un seul compte volé efface les deux copies. Activer l'immuabilité sur la copie infonuagique, avec des identifiants distincts et un MFA, ferme cette porte sans tout refaire.

Comparaison point par point

CritèreNAS localSauvegarde infonuagiqueStockage immuableHybride 3-2-1-1-0
Résistance au rançongicielFaible si le NAS est joignable avec les comptes du réseauMoyenne : dépend des versions protégées et des accèsÉlevée pendant la durée de conservationÉlevée : au moins une copie hors ligne ou immuable
Effacement par un compte administrateur voléPossiblePossible sans protection contre la suppressionBloqué pendant la durée de conservationBloqué pour la copie immuable
Vitesse de restaurationRapide : la copie est sur placeLimitée par la connexion InternetSelon l'emplacement : rapide sur place, limitée par Internet dans le nuageRapide pour les incidents courants ; nuage en dernier recours
Copie hors site (incendie, inondation, vol)NonOuiOui si elle est infonuagique ou dans un autre siteOui
Modèle de coûtAchat d'appareil et de disques, puis entretienAbonnement selon le volume ou le nombre d'utilisateursVolume conservé jusqu'à l'échéance, impossible à purger avantAppareil local et abonnement infonuagique
Données hébergées au CanadaOui, dans vos locauxÀ vérifier : choisir une région canadienneSelon le fournisseur et la région choisieCopie locale chez vous ; copie infonuagique à vérifier
Effort de gestionÉlevé : mises à jour, comptes distincts, rotation des copies hors ligneModéré : accès, conservation et alertes à surveillerModéré : durée de conservation à fixer à l'avanceLe plus élevé : deux systèmes et des tests réguliers
Ce que recommandent les autoritésUtile, jamais seul : une copie doit être hors siteRecommandé comme sauvegarde secondaire (Centre canadien)Recommandé par le NCSC pour les sauvegardes infonuagiquesCorrespond à la règle 3-2-1 du Centre canadien, renforcée

Les options en détail

NAS local

Site officiel

Un appareil de stockage branché au réseau du bureau, qui copie les postes et les serveurs chaque nuit.

Idéal pour
Les restaurations rapides du quotidien : un dossier effacé, un serveur en panne.
Prix
Achat de l'appareil et des disques, puis entretien et remplacement à prévoir

Points forts

  • Restauration rapide : la copie est sur place
  • Aucune dépendance à la connexion Internet
  • Les données restent dans vos locaux

Limites

  • Le Centre canadien prévient que les rançongiciels peuvent se propager au NAS
  • Perdu avec les locaux en cas d'incendie ou d'inondation
  • Souvent administré avec les mêmes comptes que le reste du réseau

Sauvegarde infonuagique

Site officiel

Une copie automatique de vos données chez un fournisseur, à l'extérieur de vos locaux.

Idéal pour
Les entreprises sans serveur local, dont les données vivent déjà dans Microsoft 365 ou Google Workspace.
Prix
Abonnement selon le volume stocké ou le nombre d'utilisateurs

Points forts

  • Copie hors site sans manipulation
  • Sauvegardes automatiques : plus de chances d'avoir une copie récente
  • Infrastructure gérée par le fournisseur

Limites

  • Restauration limitée par la connexion Internet
  • Le NCSC britannique signale des rançongiciels qui ont compromis des sauvegardes infonuagiques connectées
  • Région d'hébergement à vérifier pour vos obligations

Stockage immuable

Site officiel

Une copie, dans le nuage ou sur un appareil dédié, qui ne peut être ni modifiée ni supprimée pendant sa durée de conservation (verrouillage d'objets).

Idéal pour
Ajouter une copie que même un compte administrateur volé ne peut pas effacer.
Prix
Option offerte par plusieurs services de sauvegarde et de stockage ; coût du volume conservé jusqu'à l'échéance

Points forts

  • Résiste à l'effacement des sauvegardes, première cible des rançongiciels
  • Recommandé par le NCSC britannique pour les sauvegardes infonuagiques
  • S'ajoute à une sauvegarde existante sans tout refaire

Limites

  • Durée de conservation à fixer à l'avance, sans retour en arrière
  • Ne remplace ni la copie locale ni les tests de restauration
  • La CISA invite à l'utiliser avec prudence face à certaines exigences réglementaires

Hybride 3-2-1-1-0

Site officiel

Une copie locale pour la vitesse, une copie hors site hors ligne ou immuable pour la survie, et des tests de restauration sans erreur.

Idéal pour
Toute PME avec un serveur ou des données qu'elle ne peut pas se permettre de perdre.
Prix
Appareil local et abonnement infonuagique

Points forts

  • Restauration rapide au quotidien, copie de dernier recours en cas de rançongiciel ou de sinistre
  • Applique et renforce la règle 3-2-1 du Centre canadien
  • Le Centre canadien recommande une sauvegarde secondaire dans le nuage en plus des copies hors ligne

Limites

  • Deux systèmes à surveiller
  • Le coût combiné d'un appareil et d'un abonnement
  • Exige des tests de restauration réguliers et documentés

Presque toutes les PME ont une sauvegarde. Beaucoup moins en ont une qui survivrait à un rançongiciel. Le Centre canadien pour la cybersécurité le rappelle : les auteurs de menaces peuvent attaquer les NAS, et les rançongiciels peuvent s'y propager. Le NCSC britannique ajoute que des sauvegardes infonuagiques connectées ont déjà été compromises.

La vraie question n'est donc pas « NAS ou nuage ? », mais : quelle copie restera intacte le jour où l'attaquant aura vos identifiants d'administration ? Ce comparatif met côte à côte quatre approches, de la plus simple à la plus robuste. Pour la règle elle-même, lisez notre article sur la règle 3-2-1-1-0.

Notre méthode

  • Nous comparons des approches, pas des produits. Chaque valeur du tableau s'appuie sur les publications du Centre canadien pour la cybersécurité, du NCSC britannique, de la CISA et du NIST, consultées en octobre 2026.
  • Critères retenus : résistance au rançongiciel, effacement par un compte volé, vitesse de restauration, copie hors site, coût, hébergement au Canada, effort de gestion et position des autorités.
  • Aucun prix n'est cité : les modèles de coût sont décrits de façon qualitative.
  • Ce comparatif n'est pas commandité.

Le NAS : rapide, mais à portée de main de l'attaquant

Le NAS a un avantage réel : la vitesse. Le Centre canadien note que le stockage sur place est pratique, qu'il peut faire gagner du temps et que les copies sont immédiatement disponibles pour lancer une reprise. Pour restaurer un dossier effacé par erreur ou un serveur en panne, rien ne bat une copie sur le réseau local.

Ses deux faiblesses sont connues. D'abord, il partage le sort des locaux : un incendie ou une inondation emporte l'original et la copie. Ensuite, il est joignable depuis le réseau, souvent avec les mêmes comptes d'administration. Un attaquant qui prend le contrôle du réseau trouve le NAS et l'efface avant de lancer le chiffrement.

Le nuage : hors site, mais pas automatiquement à l'abri

La sauvegarde infonuagique règle le problème du sinistre et de l'oubli : elle est automatique et hors site. Le NCSC britannique souligne toutefois qu'elle exige une connexion Internet fiable pour sauvegarder et pour restaurer. Pour quelques fichiers, c'est sans conséquence ; pour un serveur complet, le délai dépend directement du volume et du débit de votre lien.

Côté résistance, le nuage n'est pas magique. Si l'attaquant peut se connecter à la console avec un compte volé, il peut supprimer les sauvegardes. Le NCSC recommande de vérifier que le service protège les versions antérieures contre une suppression immédiate. Vérifiez aussi la région d'hébergement : le Centre canadien rappelle que votre organisation reste légalement responsable de ses données, même chez un fournisseur.

L'immuabilité : la copie que personne ne peut effacer

Le stockage immuable, parfois appelé verrouillage d'objets, empêche toute modification ou suppression d'une sauvegarde pendant sa durée de conservation. C'est le premier principe du NCSC pour des sauvegardes infonuagiques résistantes aux rançongiciels. Le NCSC recommande aussi des alertes en cas de suppression massive ou de changement des règles de conservation, et un accès de secours hors bande.

La contrepartie : la durée de conservation se fixe à l'avance. La CISA invite à utiliser l'immuabilité avec prudence, car elle ne convient pas à toutes les exigences réglementaires. Alignez la durée sur votre politique de conservation et de destruction des renseignements personnels.

L'hybride 3-2-1-1-0 : la vitesse et la survie

L'approche hybride combine les forces des autres. La copie locale sert aux incidents courants ; la copie hors site, hors ligne ou immuable, sert le jour où tout le reste est compromis. Elle prolonge la règle 3-2-1 du Centre canadien : trois copies, deux types de supports, dont une hors site. Le guide sur les rançongiciels du Centre canadien recommande en plus au moins deux sauvegardes hors ligne, et suggère d'ajouter une sauvegarde secondaire dans le nuage.

Le dernier chiffre, zéro erreur, est le plus souvent oublié. Une sauvegarde jamais restaurée n'est qu'une hypothèse.

Comment choisir

Fixez d'abord deux chiffres avec la direction : l'objectif de délai de rétablissement (RTO), soit combien de temps vous pouvez fonctionner sans vos systèmes, et l'objectif de point de rétablissement (RPO), soit combien d'heures de travail vous pouvez perdre. Ensuite :

  • Une copie au moins est hors site, et une au moins est hors ligne ou immuable.
  • Le compte d'administration des sauvegardes est distinct de celui du réseau et protégé par un MFA.
  • Les sauvegardes sont chiffrées, et la clé est conservée ailleurs.
  • La région d'hébergement est connue, et une EFVP est faite si elle est hors Québec.
  • Une restauration complète a été chronométrée et comparée au RTO.

Le jour d'une attaque, ces choix pèsent lourd : relisez notre guide sur les 24 premières heures d'un rançongiciel. Et si vos données sont surtout dans Microsoft 365, voyez si Microsoft 365 sauvegarde vraiment vos données. Notre service de remédiation et durcissement reconfigure vos sauvegardes et documente un test de restauration.

Questions fréquentes

La synchronisation OneDrive ou Dropbox, est-ce une sauvegarde ?+

Pas vraiment. Une synchronisation reproduit les changements, y compris les fichiers chiffrés par un rançongiciel ou supprimés par erreur. Le NCSC britannique rappelle que des rançongiciels ont déjà compromis des espaces infonuagiques connectés contenant des sauvegardes. Les versions antérieures offertes par certains services aident, mais vérifiez leur durée de conservation et qui peut les effacer.

La Loi 25 oblige-t-elle à garder les sauvegardes au Québec ?+

Non. La loi n'impose pas d'hébergement au Québec, mais avant de communiquer des renseignements personnels à l'extérieur du Québec, y compris à un fournisseur qui les conserve pour vous, elle exige une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée et une entente écrite (art. 17). Une région infonuagique en Ontario est donc visée. Validez votre analyse avec votre conseiller juridique.

Combien de temps prend une restauration depuis le nuage ?+

Cela dépend surtout du volume de données et de votre connexion Internet : le NCSC britannique rappelle qu'une sauvegarde infonuagique exige une connexion fiable pour sauvegarder et pour restaurer. Le seul moyen de connaître votre délai réel est de chronométrer un test de restauration complet, puis de le comparer à votre objectif de délai de rétablissement (RTO).

Faut-il chiffrer les sauvegardes ?+

Oui. Les contrôles de base du Centre canadien pour la cybersécurité demandent de stocker les sauvegardes sous forme chiffrée. Gardez la clé ailleurs que dans la sauvegarde : le NCSC britannique suggère une copie hors bande, par exemple imprimée et rangée dans un coffre-fort.

Sources

  1. 1.Centre canadien pour la cybersécurité : Sauvegarder et récupérer vos données (ITSAP.40.002)
  2. 2.Centre canadien pour la cybersécurité : Guide sur les rançongiciels (ITSM.00.099)
  3. 3.Centre canadien pour la cybersécurité : Contrôles de cybersécurité de base pour les petites et moyennes organisations
  4. 4.Centre canadien pour la cybersécurité : Élaboration d'un plan de reprise informatique personnalisé (ITSAP.40.004)
  5. 5.NCSC (Royaume-Uni) : Principles for ransomware-resistant cloud backups
  6. 6.NCSC (Royaume-Uni) : Offline backups in an online world
  7. 7.NCSC (Royaume-Uni) : Always back up your most important data
  8. 8.NCSC (Royaume-Uni) : Mitigating malware and ransomware attacks
  9. 9.CISA : #StopRansomware Guide
  10. 10.NIST : définition de l'objectif de délai de rétablissement (RTO), SP 800-34 Rev. 1
  11. 11.LégisQuébec : Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé (P-39.1), art. 17